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28.01.2012

Version numérique

 

Chères lectrices, chers lecteurs,

 

J'ai le plaisir de vous annoncer que la version numérique (tablette) de mon roman "109 rue de Mostaganem" est disponible.

Si vous souhaitez l'obtenir voici un lien:

http://librairie.immateriel.fr/fr/ebook/9782748358476 

 

Bien amicalement,

Yog alias Marc Hauteclair

15.01.2012

Avec Robert Surcouf

A l’abordage !

 

 

Mon grand-père avait cessé son activité de fermier, dans un hangar reposait un vieux chariot en chêne, bien vite je le transformais en scène de mes « exploits ».

Il devenait alors un vaisseau anglais qu’avec Surcouf  nous prenions à l’abordage.

 

A cette époque j’avais dix ans et déjà lu et relu les  trois fabuleux albums relatant les exploits du célèbre corsaire malouin écrits par Victor Hubinon et Jean Michel Charlier et publiés chez Dupuis.

 

Ces images en tête j’escaladais les grandes roues du char, le sabre entre les dents pour pourfendre les infâmes mangeurs de rosbif. J’arrivais sur le pont et chargeais aux cris de « tue ! tue ! » aux côtés de mon idole.

 

Les hurlements des assaillants étaient, conformément aux livres, ponctués de dialogues non sous-titrés : « prends cela chien ! », « en garde sale goton » ou encore « bien le bonjour en enfer chien de Français ! Auquel on répliquait par  

« fais tes commissions toi-même en le pourfendant »

 

Pour assurer le réalisme des duels mes deux mains maniaient les sabres qui s’entrechoquaient. Assez rapidement nous étions maîtres du navire et essoufflés.

Surcouf, Napoléon des sept mers, me tirait l’oreille et nous buvions un verre de tafia.

 

Les temps on changé depuis : comme André Maurois ( l’écrivain ) j’aime désormais beaucoup l’Angleterre . Hélas le combat naval, comme les autres formes de guerre, reste une ignoble boucherie mais cela un enfant de dix ans n’y pense pas !

31.12.2011

Il ose attacher son chien avec des saucisses

Comment attacher son chien avec des saucisses ?

 

 

Notre brave Mirzah est une brave petite chienne genre basset, « saucisse » comme diraient des méchantes langues.

 

Un jour son maître, un peu fou, suivit l’adage à la lettre sous le regard amusé de Pusty la chatte.

 

La petite chienne n’eut même pas le temps, l’idée, de mordre sa laisse carnée, Pusty avait bondit et emporté une saucisse et Mirzah de s’enfuir pour déguster en paix le reste du chapelet.

 

Le maître accourut pour observer la fin du festin partagé entre les deux comparses qui ne l’interrompaient que pour rire du tour joué à leur stupide ami.

 

Ce dernier, « honteux et confus » , se promis d’attacher prochainement le cador avec un chapelet de saucisses en plastique …Entre temps les petits  ont offert à Mirzah, pour Noël, un saucisson indestructible.

 

Dans un souci de clarification sémantique, voici une liste d’expressions à vérifier :

 

Mentir comme un arracheur de dents

 

Taper comme un sourd

 

Bosser comme un nègre (écrivain)

 

Boire comme un trou

 

Manger comme quatre

 

Vouloir pisser avec les grands chiens ( expression grand-ducale)

 

Chanter comme un pinson (ou un « rossignol milanais »)

 

Fourguer un rossignol

 

Suer comme un pore

 

Fumer comme un sapeur

 

Trembler comme une feuille

 

Tanguer comme un bateau ivre

 

Heureuse année nouvelle à toutes et tous! 

 

17.12.2011

Du planeur à la fusée

Du planeur à la fusée

 

 

Derrière la ferme de mes grands-parents s’étendait une grande pâture, théâtre de mes jeux : football avec les copains, tir à l’arc et surtout lancements d’engins volants.

 

Je commençai par des planeurs à catapulter grâce à un élastique, ces engins étaient rigides et leurs évolutions dépendaient du vent. Ils terminaient souvent leurs trajectoires dans un arbre d’où il fallait les extraire, dans une bouse de vache malencontreusement répandue sur la piste ou dans une prairie voisine.

Parmi cette première série de planeurs figurait un « cougar » avion de l’aéronavale US utilisé par Buck Danny.

 

Par la suite j’achetai lors de vacances à la côte un planeur « Pax » aux meilleures performances : les ailes et l’empennage étaient constituées d’un fil métallique assez souple (au bord) recouvert d’une feuille en plastique léger. En relevant plus ou moins l’empennage on pouvait déterminer la forme de la trajectoire .

Je me souviens de lancements à l’horizontale suivis d’une montée en « looping ». Le vol était durait parfois plus que quelques dizaines de secondes.

 

Suivant la technologie, je passai à la fusée. Elle était catapultée verticalement, sa vitesse diminuant en atteignant sa hauteur maximum un levier libéré de la poussée de l’air faisait s’ouvrir le corps de la fusée et libérait ainsi un parachute pour son retour en douceur. Tout le jeu consistait à replier le parachute de façon qu’il ne se déploie que le plus bas possible.

 

 

L’enfance s’éloignant ces jeux furent remplacés par des ballades pédestres ou cyclistes ou des parties de foot avec les jeunes du village.

27.11.2011

Cours du soir

 

 

 

Agé entre huit et seize ans j’habitais une maison proche de mon école. Cet Athénée abritait aussi une « école industrielle » où se donnaient aussi des « cours du soir » maintenant appelés cours de promotion sociale.

 

Un de mes oncles et un cousin de ma mère, tous deux régents littéraires, y enseignaient, ce qui leur procurait aussi une petite visite hebdomadaire à la maison .Ils buvaient une tasse de café et échangeaient les nouvelles familiales avec mes parents. J’étais fort attentif à leurs propos et admirais ces deux professeurs. Le cousin de ma mère avait été lieutenant aux « Chasseurs Ardennais » et avait combattu en 1940 avant de connaître une éprouvante captivité, sa conversation était agréable et spirituelle, mon oncle me racontait des anecdotes concernant son enseignement.

 

En quatrième gréco-latine notre professeur d’Anglais,  « le grand Georges », était remarquable, tout se faisait en anglais et à la fin du cours je connaissais déjà la leçon car je suivais ses conseils : constamment penser en Anglais, répondre mentalement à toutes les questions posées aux condisciples. Le cours était une conversation durant laquelle notre maître introduisait progressivement notions et nouveau vocabulaire. Il nous proposa très vite de compléter notre formation en suivant les cours qu’il donnait à l’école du soir.

 

Ce fut pour nous une expérience enrichissante : pendant deux profiter de quatre heures d’Anglais au lieu de deux auprès d’un professeur exceptionnel mais aussi se retrouver dans une classe où se côtoyaient jeunes et adultes des deux sexes, ouvriers et bourgeois.

Je ne remercierai jamais assez le « grand Georges » pour son enseignement, même si lorsque j’organisais un chahut à la récré il était le premier à sanctionner les fauteurs de troubles, nul n’est parfait.

 

Bien plus tard,à mon retour d’Algérie, le tout premier poste que j’obtins fut celui de chargé de cours, du soir, en littérature scientifique, dans une école de bibliothécaires documentalistes où j’eus le bonheur de contribuer à l’ascension professionnelle de mes étudiants.

01.11.2011

Le café de mon père

Barcelone

 

 

C’est le nom du café de référence dans une charmante cité mosane, actuellement il est devenu café-restaurant tout en conservant son attrait.

 

Quand j’étais enfant mon père, en rentrant du travail, y faisait une escale quotidienne pour quelques parties de cartes avec ses partenaires habituels dont Tintin le légendaire cordonnier, André un sympathique fonctionnaire du fisc aux cheveux gominés comme le coureur cycliste Raymond Impanis.

 

La boutique de Tintin, bon artisan, était remplie du sol au plafond de chaussures à réparer et aurait pu servir de modèle pour l’accumulation du courrier en retard de Gaston (encore un tout grand merci à Monsieur Franquin pour tous les bons moments qu’il nous a offerts, mes petits –enfants s’en amusent déjà ! ).

Néanmoins les clients finissaient par récupérer leurs chaussures soigneusement révisées.

 

Le service était assuré par René, un monsieur aimable , efficace, réservé et d’une courtoisie assez britannique. A lui seul il incarnait une bonne part du charme discret et chaleureux de l’établissement.

 

Quand j’avais le bonheur d’y accompagner mes parents, je  jouais aux dames avec mon condisciple , petit-fils du patron qui remportait généralement les parties tandis que je sirotais mon « parasol », délicieuse limonade à l’orange.

 

L’éventail des boissons était très large, beaucoup d’entre elles ont hélas disparu :

le dubonnet, le coupé-menthe, la fine à l’eau, la bière Dortmund, le café filtre…

 

Cette énumération me donne soif et aussi l’envie de me replonger dans l’ambiance des « Maigret » !

16.10.2011

Les bonnes auberges

La bonne auberge

 

 

Je devrais plutôt dire ,les bonnes auberges de jeunesse en voici quelques échantillons.

 

A 17 ans j’ai parcouru le Sud de l’Angleterre en auto-stop, comme nous portions notre uniforme scout mon copain Henry et moi étions facilement chargés au pays de Baden Powell en 1963. Notre budget était limité donc nous profitions du réseau des A J.

 

J’accumulais les grandes premières : mythique traversée en bateau d’Ostende à Douvres, escale à Canterbury (cf le billet « le moine de Canterbury ») et déjà Londres où nous logions à l’auberge de Highgate Hill au nord de la ville. La visite de cette métropole dura trois jours , nous allions d’un émerveillement à l’autre.

 

Malgré les  leçons remarquables de mon prof d’anglais, mon langage était encore lacunaire et quand le père aubergiste me proposa un matin comme « duty » (petit travail contribuant à la bonne marche de l’établissement) « washing up » je ne compris pas et aimablement on me conduisit devant le bac à vaisselle.

 

Les prix des restaurants ou même des repas pris à l’auberge étaient  coûteux, désormais nous y prenions le copieux petit déjeuner (english breakfast) et le soir nous étions « self cookers » dans la cuisine mise à la disposition des voyageurs.

C’est ainsi que je découvris les côtes d’agneau , les petits pois anglais baignant dans leur jus verdâtre, le cheddar et les fromages de Nouvelle Zélande.

 

Le soir nos conversations étaient internationales, à Londres, une soirée mélangeait Anglais, Français, Allemands et Belges discutant du Marché Commun et de l’avenir de l’Europe. Les continentaux faisaient bloc quand un Anglais glissa judicieusement : « C’est très bien votre Europe mais pour vous comprendre entre-vous vous avez besoin de l’anglais » (c’était à l’époque du veto du Général de Gaulle à l’entrée du Royaume Uni dans le marché commun)

 

Nous dormions dans des dortoirs à lits superposés, une nuit un petit anglais s’amusait à insulter un de ses copains qui flegmatiquement à chaque quolibet répondait « so you » (toi-même)

 

 En Cornouailles, à Penzance, je tombais amoureux d’une jeune infirmière anglaise et blonde , elle servit de modèle pour le personnage d’Angy dans mon roman « 109 rue de Mostaganem ». Je pensais ne plus la revoir mais à l’étape suivante, Tintagel (proche du château du Roi Arthur) je la retrouvai et nous passâmes la soirée en jouant aux cartes, ce fut hélas notre dernière rencontre.

 

Plus tard dans un autre voyage nous logions à Luxembourg, nous avons passé la soirée avec des scouts allemands mélangeant français, allemand et anglais. Je leur expliquai laborieusement, dans notre conversation, le jeu de mot « la pipe du papa du pape Pie pue » qui les amusa.

Plus tard, tout le monde dormait, quand soudain un jeune allemand s’écria « la pipe du papa…. » et se mit à rire, c’était Helmut qui avait enfin compris !

 

Presque vingt plus tard, avec la Gazelle, nous avions décidé de montrer Londres à nos enfants. Nous logions à l’auberge de  Earls Court, assez proche du métro et du centre,  dans un dortoir comportant juste six lits ce fut une découverte pour les enfants et une joie pour leurs parents.