12/03/2015

Potaches et chahuts

 

 

 

 

 

Comme chacun, j'espère, je garde un délicieux souvenir de mes études secondaires où  rigueur et aimables chahuts alternaient.

 

 

 

Comme beaucoup je faisais partie de la classe la plus difficile de l'Athénée (Lycée) dès la sixième latine, du moins le croyions-nous. Voici le récit de certains nos exploits plus  gamineries que  méchanceté même si les potaches pratiquent un humour féroce et impitoyable.

 

 

 

Notre prof d'histoire accomplissait son service militaire et était remplacé par une malheureuse jeune femme que, lâchement, nous chahutions à mort et je me souviens d'avoir découvert les lois de la réflexion en observant l'impact d'une craie lancée sur sa pommette.

 

 

 

Las, le titulaire, affublé du surnom de Roger de la Porte, un célèbre catcheur, revint et en dix minutes, sous son regard de dur et les menaces de sanctions,  nous mata. Par la suite sa carrière à la télévision le rendit célèbre sans altérer son sens de la fête et de l'amitié.

 

 

 

Notre prof de français, le « petit cow-boy », était dès la sixième (maintenant première !) plus petit que certains d'entre nous, très autoritaire il nous drilla à choisir le terme propre, éviter les répétions.... bref à bien rédiger. Chaque quinzaine il nous imposait un devoir de phraséologie fort utile, l'entreprise était difficile jusqu'au jour où , en quatrième, Pampet trouva le manuel utilisé par le prof et ses corrigés.

 

 

 

A l'examen de latin le prof lisait son journal, derrière moi Pampet et Michel s'énervaient, l'un  m'étranglait tandis que l'autre me piquait le brouillon de ma version qui fit le tour de la classe, bons princes avant la fin de l'examen ils me restituèrent le précieux document.

 

 

 

Comme je prenais mes études au sérieux je réservais mes facéties aux séances « d'étude » où je devins l'ennemi des pions.

 

 

 

Mon ami Gérard était un morphale de cent kilos, avant la récré il mangeait en classe ses oranges apéritives de ses premières tartines, à midi il participait à la fois au repas « soupe/tartines » et au repas « complet », en reprenant son bus il s'enfilait quelque tarte au riz en passant devant chez moi et j'imagine que sa maman lui préparait un plantureux souper pour son retour.

 

 

 

 

 

 

 

En troisième un solide duo d'amuseurs, Albert et Jean-Louis, s'était constitué et au cours de français au premier banc ils sifflaient « la valse des canaris » en s'accompagnant des cliquetis de leurs gourmettes en guise de section rythmique.

 

Albert virtuose de l'accordéon, comme Giscard, a eu aussi une activité politique.

 

 

 

Mais l'évènement cette année-là était l'arrivée des filles , le cycle supérieur étant mixte pour les cours seulement puisque nos copines disposaient d'un espace récré distinct, séparé du nôtre par une implacable ligne blanche  qu'arpentaient les pions. Il va de soi que le jeu consistait alors à franchir la ligne sans être pris ne fusse que par sport.

 

 

 

 Un autre sport, toxique celui-là et hélas pratiqué partout, consistait à fumer aux toilettes, la répression était assurée par les profs surveillant la récré avec des zèles variables.

 

 

 

 Le spécialiste de la traque aux fumeurs , le grand Georges, arpentait ainsi mine de rien la cour puis  fondait à la vitesse d'un torpilleur sur les gogues pour y choper l'un ou l'autre imprudent. Face un adversaire aussi redoutable une riposte appropriée fut organisée: lorsque Georges patrouillait nous installions quelques cercles concentriques de guetteurs  autour de la fumerie et leur retour plus ou moins rapide, témoin de la célérité de l'adversaire, en gloussant « Dgeorges Dgeorges » informait les délinquants qui s'échappaient plus vite que leurs volutes, alors Georges surgissait dans le local enfumé  ....   pour sanctionner des innocents.

 

 

 

Pour animer la récré je montais sur un appui de fenêtre pour prononcer un discours en imitant le Général de Gaulle, rapidement un excellent public se massait et criait, quand les profs de surveillance approchaient je les prévenais qu'en cas d'interruption du discours la force de frappe française les pulvériserait . Le spectacle se terminait toujours de la même façon : j'étais emmené, soulevé jusqu'au bureau de la Direction tout en achevant le discours.

 

 

 

Le patron, excellent matheux, me sermonnait et  les choses finissaient par s'arranger. Dès que notre remarquable prof de math était absent notre boss matheux se faisait un plaisir de le remplacer et ainsi nous bénéficiions de deux enseignants de haute qualité.

 

 

 

J'étais heureux dans cette boite alternant solide formation et franche rigolade. Notre prof de latin nous initiait à la fois aux plaisirs de découvrir Virgile, Horace ou Tacite et de les comparer aux grands courants philosophiques, textes à l'appui.

 

 

 

Il avait néanmoins la marotte de faire chaque mardi une interro temps primitifs/grammaire juste avant la récré pendant laquelle certains pratiquaient, aussitôt, dans le cartable du magister, l'échange standard de leur copie par un corrigé.

 

 

 

Sic transit gloria scolae  (pages rose du « Larousse » ).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Bonsoir Marc

héhé de bons souvenirs, j'en ai quelques uns aussi...mais j'adorais aller aux cours..pas de mixité chez nous et d'un côté c'était tant mieux ;)

je n'ai fait que ma sixième latine puis 2 modernes puis changement total d'école vers le domaine artistique styliste et c'était super super :)

bon WE Marc
bises * et aux 4 pattes

Écrit par : nays | 13/03/2015

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Que de pittoresques souvenirs ! J'en ai aussi de fameux. En latine aussi. J'étais du genre à aporendre vite, m'ennuyer et le faire comprendre par moult pitreries

Écrit par : Edoiard | 16/03/2015

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