15/10/2014

L'homme aux deux vélos

Petit garçon, en première année primaire, j’étais fasciné par mon Maître qui possédait deux vélos .

 Il montait le premier pour se rendre de son domicile à Antheit (  petit village proche de Huy) à la gare de Statte où il rangeait son premier vélo et prenait le train pour Andenne, à cette gare sa seconde bicyclette l’attendait pour traverser la Meuse et rejoindre l’école.

 

Parfois, le matin quand j’arrivais de bonne heure, j’assistais à l’arrivée en solitaire du champion pédagogue.

 

Je lui dois beaucoup, il m’a appris à lire et surtout donné le goût de l’étude.

 

J’étais doublement chanceux de connaître pour mes premiers pas dans la connaissance un guide efficace et bon mais aussi un ancien condisciple à l’Ecole Normale et ami de mon grand-père, lui aussi instituteur.

 

 D’entrée de jeu j’étais en confiance pour mon entrée à la « grande école » et mes résultats excellents. Je me souviens encore de l’atmosphère paisible de la classe où régnait son influence à la fois paternelle et amicale .

 

Il prit sa retraite quand j’étais en sixième primaire et, avec un condisciple que mon ancien maître appréciait aussi, j’eus l’honneur de lui remettre son cadeau de départ devant une assemblée émue et reconnaissante.

 

 

 

21/09/2014

Pré Baudet

Le pré Baudet avec de vrais ânes

 

La « Cité des Ours » s’étend dans la vallée de la Meuse, par conséquent la plupart des promenades débutent par des chemins pentus qu’il convient de gravir pour accéder au plateau, bordure Nord du Condroz.

Un de ces sentiers longe le « Pré Baudet », une pâture qui épouse la pente du relief et qui était jadis la piste de luge de la ville. Deux pentes étaient disponibles : la « petite » pour les débutants et la « grande » pour les plus audacieux. Dans les meilleures conditions une descente sur cette dernière se terminait sur la route.

A mi-chemin du sentier, je m’arrêtai, essoufflé, avec Mirzah le bon chien qui voulait pas me tracter. J’en profitai pour contempler avec nostalgie le théâtre du seul sport d’hiver que j’aie pratiqué et me reposer. Dans le fond du pré pâturaient quelques ânes peut-être là pour confirmer la dénomination du lieu-dit.

Nous reprîmes l’ascension de plus en plus raide et caillouteuse pour accéder au hameau de Stud et profiter du soleil et d’un agréable panorama bucolique. A flanc de colline, nous continuons  jusque l’altitude de 187 m, certifiée par un panneau récompensant les courageux passants. Ensuite, la vue de la ferme de la Vaudaigle, dominée par sa jolie tour justifia une pause demandée par la petite chienne fatiguée.

Nous poursuivons la promenade en traversant le hameau de Groyinne par une montée aisée.

A gauche de l’église, un chemin agricole nous ramène vers la ville encore invisible lovée dans la vallée, la vue sur Stud est très belle et nous mesurons le chemin parcouru. Nous atteignons le lieu-dit « Peu d’eau » accès à la descente par « l’ancienne Chaussée de Ciney ».

Mirzah, qui connaît de mieux en mieux nos balades, sent « l’écurie » et nous ramène au logis pour aussitôt se désaltérer et raconter son équipée à Lech qui s’est reposée pour nous.

25/08/2014

Du pont de Jambes à l'Elysette

Du pont de Jambes à l’Elysette

 

Une fois de plus les enseignants namurois (B) voulaient manifester leur courroux et leurs revendications devant l’Elysette. C’était d’ailleurs un des leurs qui de manière péjorative et par dérision avait affublé le siège de la présidence de la Région Wallonne de ce surnom, ils voulaient ainsi marquer leur réprobation face à des dirigeants qui sabotaient l’Ecole en les empêchant par diverses mesures de faire leur travail de manière correcte.

Hélas pour eux la Police avait fait diligence pour leur barrer le passage, juché sur un véhicule le chef  exhortait ses hommes à la plus grande fermeté et leur demandait presque de charger le cortège, pacifique au demeurant.

Le cordon des forces de l’ordre était formé de policiers locaux dont à peu près chacun connaissant un des enseignants présents et inversement.

Au premier contact ils se saluèrent, se serrèrent la main et prirent des nouvelles de leurs enfants respectifs. Le chef du détachement fulminait, impossible d’organiser une charge !

Au fil de ces rencontres amicales le barrage devint perméable et en compagnie de la Police les manifestants arrivèrent calmement devant leur objectif pour clamer une fois de plus leurs revendications mais ne furent pas reçus par les autorités.

De véritables émeutiers auraient franchi les portillons et investi l’Elysette, mais le respect de la légalité musela leur colère.

Après une dernière salve de clameurs, le cortège se disloqua et ils partirent prendre un verre, les renforts appelés en catastrophe débarquèrent  devant une rue vide.

(Extrait de souvenirs vieux de près de 25 ans…)

 

 

05/07/2014

Une douche farceuse!

La douche de Jean Michel

A Oran, comme coopérant, la première année, j’habitais dans un « F1 »   ( appartement à une pièce + douche et WC dans de petits locaux donnant sur le  mini hall d’entrée) où je fus assez heureux grâce à la compagnie de mes amis et amies coopérants français qui occupaient l’immeuble : F2 pour les couples, F1 pour les célibataires.

La distribution d’eau, denrée rare en Algérie était capricieuse : nombreuses coupures et parfois mélange d’eau douce et eau salée provenant du lac salé proche de la ville ( « la Grande Sebkha d’oran »).

Cela étant nous restions privilégiés par rapport à la majorité des Africains.

Un matin Jean Michel prenait sa douche, il se savonna copieusement puis au moment de se rincer survint la coupure d’eau. Il attendit son retour en vain, se sécha comme il put et dut partir ainsi à la Fac pour donner ses cours de Géologie. Il avait vieilli d’un coup : sa barbe noire était devenue grise en raison des traces de savon non rincées

C’est le soir, pendant notre partie de Tarot (jeu de cartes pratiqué en France) qu’il nous conta sa mésaventure.

14:58 Écrit par yog dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : savon, douche, coupure d'eau, barbe, géologie |  Facebook | |

21/06/2014

Balade chez nos cousins "Ch'tis"

Escapade chez les Ch’tis

 

Nous débarquons à la gare « Lille Flandre » très proche du centre, pour très vite atteindre le palais Rihour, joli petit édifice gothique érigé par les ducs de Bourgogne Philippe le Bon et Charles le Téméraire qui abrite le service du tourisme où on nous remet aimablement le plan de la ville.

C’est le seul bâtiment gothique subsistant dans la ville, les plafonds en croisées d’ogive sont élégants, les escaliers sont usés par cinq siècles de passages.

Sur la place adjacente se déroule une cérémonie en l’honneur des Pompiers : remise de médailles, recueillement à la mémoire des pompiers décédés en mission, le tout avec la rigueur républicaine.

Sous le soleil nous admirerons les nombreux édifices de style « flamand » comme la splendide chambre de commerce

L’aimable hôtesse du plais Rihour nous a indiqué une rue  où nous pourrons déjeuner dans un des nombreux « estaminets » . Ce repas sera fabuleux et délicieux : picon vin blanc ou bière ambrée, soupe de poissons, escargots sauce maroilles, andouillette au maroilles et carbonades flamandes (littéralement fondantes) le tout arrosé d’une excellente bière locale. Voici l’adresse : le Rijssel rue de Gand .

Nous retournons vers la Grand Place ( Charles de Gaulle ) pour gagner le musée des beaux arts : nous y verrons des toiles des maîtres flamands, deux « Goya » (les jeunes et les vieilles) ,quelques peintures impressionnistes..  et des sculptures (Rodin, Camille Claudel …) ;

En retournant vers la gare nous profitons encore du charme et de l’harmonie architecturale et visitons au passage la jolie église St Maurice.

Le retour se fera dans une voiture « infernale » où le chef garde se démenait entre une passagère qui posait ses pieds sur la banquette et ne voulait pas obtempérer et certains voyageurs dont les titres de transports n’étaient pas en ordre .

 

06/06/2014

Un premier job salutaire

 

 

Premier job

 

Quand j'ai terminé avec succès ma rhéto (terminale), mon père me dit:  « Il n'y avait pas grand -chose de bon chez les nazis sauf peut-être ceci: à la fin de leurs études secondaires les jeunes gens devaient faire un stage comme ouvrier avant d'entreprendre leurs études supérieures »

 

Suivant ce conseil et souhaitant gagner un peu d’argent je me mis à la recherche d'un petit job, je commençais à désespérer de l'obtenir quand une connaissance me signala qu'un de ses amis chasseurs, Carmin , cherchait un manoeuvre pour remplacer un de ses ouvriers, blessé.

 

Je pris contact et me présentai au chantier: une petite entreprise fabriquant des produits en béton. Je fus engagé pour un mois ce qui me convenais.

 

La journée commençait à huit heures et comptait neuf heures de travail, rétribuées à 25 Bef ( 0,625 euros) par heure. Nous étions en 1965.

 

Pour arriver au boulot j'utilisais un vélo sur un trajet de 7km assez accidenté. J'y retrouvai Maurice un apprenti de 16ans, les patrons, Carmin et son frère, assez âgés ne participaient au travail qu'exceptionnellement.

 

 Le labeur était fort physique: charger les brouettes de gravier, de sable ou des sacs de ciment, remplir la bétonnière, vérifier la qualité du mélange, remplir le(s) moule(s) , vibrer le mélange puis le moment venu démouler.

 

 Au début j'en ai drôlement bavé, je guettais les moments de pause: 9h manger une tartine, une demi-heure à midi puis enfin le rangement et le nettoyage des outils précurseurs de la fin de journée à 17h30. Je reprenais alors , éreinté mon vélo pour rentrer péniblement à la maison. A mes côtés Maurice abattait l'ouvrage avec facilité, je l'enviais .

 

Après une semaine le métier rentrait au rythme de mon développement musculaire, je respectais et admirais désormais les travailleurs physiques et me liais d'amitié avec l'équipe. Je comprenais le sens de la plus grave insulte aux yeux des fermiers hesbignons: fainéant! Depuis je salue tous ceux qui « boutent » (travaillent durement) manuellement ou intellectuellement.

 

Carmin et son frère avaient débuté comme ouvriers, ils travaillaient « aux pièces » pour leur patron puis rentrés chez eux ils « faisaient une autre journée », ils purent ainsi se « mettre à leur compte » et créer leur petite entreprise, maintenant à l'âge de la retraite ils souhaitaient « remettre leur affaire ».

 

 

 

 

Je découvris aussi l'avantage d'être patron: Maurice et moi gagnions chacun 225 Bef par jour et en moins d'une journée nous fabriquions une dizaine de tuyaux de collecteur d'égout vendus 540 Bef pièce ! Matières premières : eau, sable, gravier, ciment, un peu d'énergie électrique ; outillage: pelles, bétonnière, moule, vibreur depuis longtemps amortis alors faites le compte! Cela étant chapeau à Carmin et son frère qui ont créé de toutes pièces leur entreprise !

 

Néophyte j'ai aussi commis quelques erreurs , je me souviens d'une citerne ratée que Carmin réussit à « rattraper » in extremis en disant « faire et défaire c'est toujours travailler » .

 

Une autre performance consistait à décharger un camion dix tonnes de sacs de ciment en une demi-heure, Maurice et moi. Noria pénible car ces sacs de 50 kg présentent peu de prises et étaient brûlants.

 

Ma dernière semaine vit le retour du blessé, Firmin, je devenais moins nécessaire et mon travail s'allégea un peu sauf les quelques jours où il fallut fabriquer des parpaings ( des blocs) à marché (aux pièces). Le contrat de Firmin consistait à produire 600 blocs, après il rentrait chez lui. A trois nous devions alimenter la chaîne: préparer les mélanges, placer les planchettes sous la vibreuse, remplir les moules, prévibrer, achever le remplissage, démouler, emporter les blocs et recommencer. Bref les cadences infernales !

 

En fin de compte je gagnai 4500 Bef (112,5 euros), une expérience humaine qui compte  et  surtout je n'ai pas bu une seule chope de bière en première année de fac ce qui m'a sans doute sauvé ! Pensez donc une chope = 20 minutes de béton !

 

 

 

 

21/05/2014

Les "lactas" fabuleuses friandises disparues

Les lactas et autres bonbons disparus

En première année à l’Université de Liège (B) nos cours étaient donnés en deux endroits de la ville séparés de plus de deux kilomètres (au moins) : les cours de Math, Mécanique et certains labos se donnaient sur le site du Val Benoît tandis que les cours de Physique et Chimie se faisaient au bâtiment central, Place du XX Août .

Les horaires n’étaient pas toujours adaptés à cette dispersion géographique, ainsi nous devions quitter le cours d’Analyse Mathématique pour assister un quart d’heure plus tard au cours de Physique Générale au Centre ! Une mission impossible à pied ou très aléatoire par le « tram vert » archi rempli en quelques secondes pour peu qu’on puisse le prendre immédiatement à la sortie du cours.

Heureusement je fis la connaissance d’un étudiant disposant d’une voiture : une encore vaillante deux CV Citroën que remplissaient son chauffeur rebaptisé Frank, Averell, Alfred et moi.

Pendant le trajet nous échangions des friandises ( croquants biscuits sablés, caramels « lacta » et … cigarillos offerts par mon grand-père) .

Les lactas depuis longtemps, hélas, introuvables étaient des caramels sucrés délicieux dont je faisais provision pour la semaine auprès du commerce de mes parents. Déjà tout petit je les savourais et j’étais heureux de les avoir retrouvés après une longue disette.

Dans ce joyeux équipage nous arrivions à peu près à l’heure pour profiter du cours : Le Pr Sauvenier faisait son exposé tandis que son remarquable technicien nous montrait les expériences illustrant son propos. Plus tard dans ma carrière de prof de Physique je me suis efforcé de pratiquer de la même manière : le dire (la théorie) et le montrer (l’expérimentation) ou l’inverse !

Après c’était la ruée vers la cantine et le retour au Val Benoit pour les séances d’exercices ou les labos .

09:29 Écrit par yog dans Amour, Général, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bonbons, université, tram, copains |  Facebook | |