09/05/2015

Le cow-boy endormi

 

Lorsque nous emmenions notre premier fils  Marcel passer une soirée chez des amis nous prenions son cheval à bascule.

Nous l’avions acquis pour une bouchée de pain dans une salle de vente.

Agé de quelques mois, il s’y tenait facilement assis et pendant le bavardage des grands il effectuait méthodiquement ses oscillations. Suite à ces mouvements le « véhicule » se mouvait lentement dans la pièce.

Les conversations des adultes étaient calmes, elles berçaient  l’enfant qui s’assoupissait  progressivement  encouragé par le balancement de sa monture et aussi par l’heure tardive.

En le regardant si paisible les images de Western, genre cinématographique truffé de conventions qui plait à ma sensibilité de matheux, me revenaient. Qu’il s’agisse  des œuvres de John Ford ou d’autres cinéastes américains ou des bandes dessinées de Jerry Spring (Jijé), Lucky Luke (Morris) ou Blueberry (Giraud) et des musiques de films trottaient dans ma tête.

A la fin de la soirée nous devions reprendre le cow-boy endormi, affalé sur le col de sa monture et en tenant encore les rennes, nous lui soulevions doucement les mains pour l’extraire ensuite de son paisible destrier et le déposer précieusement dans son siège de voiture sans le réveiller.

 

Lorsque j’eus le bonheur de chevaucher avec des indiens Navaho  à Monument Valley, je revécus les westerns et eus une pensée attendrie pour le petit cheval à bascule qui après avoir été monté par mes autres enfants fait le plaisir de mes petits-enfants.

Nous n’avons, bien sûr, jamais oublié le précieux coursier chez nos hôtes.

10/04/2010

Le petit cow-boy

Le petit cow-boy

 

Surnommé ainsi pour sa petite taille je l’ai rencontré la première fois lors d’une récréation de midi quand je fréquentais l’école primaire.

 

Sans doute exerçait-il une surveillance de dépannage, armé d’une petite baguette coupée dans une haie, il faisait régner manu militari une discipline de fer (à l’aide d’une branchette en bois !)

 

Je le retrouvai en sixième latine (nomenclature bénie d’avant le « rénové ») devenu mon professeur de français.

 

Au départ je ne l’aimais pas beaucoup : sec et autoritaire, il ne faisait pas en classe assez d’analyse grammaticale si nécessaire à mes yeux pour l’étude du  latin .

 

Il se focalisait plutôt sur le travail de rédaction, de lecture et d’analyse de textes, de phraséologie, de recherche du terme propre , de la chasse impitoyable aux répétitions…en disant que grâce au latin nous faisions déjà assez d’analyse.

 

Toutes les deux semaines nous devions lui produire un résumé de lecture d’un livre assorti de la signification de dix mots recherchés au dictionnaire.

 

Il interrogeait oralement sur cette recherche et un jour retournant en arrière me montra que j’avais déjà oublié la signification de certains mots de mon cahier. La leçon fut profitable.

 

C’est en le quittant, après trois ans sous sa férule, que je m’aperçus des améliorations qu’il avait provoquées principalement dans mon expression.

 

Pour la petite histoire pendant notre dernière année sous sa houlette, Pampet dénicha le livre où il puisait ses exercices et qui en contenait surtout les solutions. Toutefois je préparais mon devoir honnêtement et mon condisciple roublard le corrigeait avant le prof.

 

En dernière année je présentais le spectacle de la classe, j’avais rédigé les textes introductifs de chaque tableau, il vint m’en féliciter. Je lui répondis que c’était son enseignement qui m’avait guidé.

 

Il en fut ravi à juste titre

08:47 Écrit par yog dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : prof, phraseologie, ecriture, cow-boy |  Facebook | |