18/10/2012

Arracher un piquet de grève

 

 

Cette expression surréaliste fait partie du texte que le regretté Raymond Devos écrivit à propos des évènements de mai 68.

 

Une situation inverse se produisit dans mon école.

Dans les années quatre-vingts, une énième série de mesures d’austérité suscita l’opposition du Front Syndical qui proposa un jour de grève générale.

 

L’entrée de l’école fut barrée par un piquet de grève, pacifique, composé de quelques postiers. Les rares élèves et professeurs se présentant rebroussèrent chemin. Hormis le personnel de direction, l’établissement était vide, deux des factionnaires y pénétrèrent poussés par la curiosité par le portail demeuré ouvert.

 

Il est vrai que le préau de la cour de récréation était le reste d’un joli cloître  tricentenaire visité par les touristes de passage et l’ensemble architectural remarquable.

 

De l’étage le proviseur les aperçut, dévala les escaliers et voulut les expulser.

 

Les visiteurs le prirent calmement sous leurs bras et le conduisirent dehors, puis, reprirent en riant leur faction.

 

A proximité était garée une camionnette de la gendarmerie dont l’équipage devait intervenir en cas de violence. Le proviseur s’adressa à la maréchaussée pour qu’elle fasse lever le piquet et lui permette de réintégrer son établissement.

 

En riant sous cape, les gendarmes lui dirent que leur mission était uniquement d’assurer le calme dans la rue et non de disperser le piquet.

 

Furieux, le proviseur était devenu gréviste malgré lui !

 

Le lendemain le récit des évènements suscita l’hilarité générale.